Un outil magique pour apprendre les cours : les fiches de mémorisation active

Aude Dubois

Professeure certifiée en Lettres modernes, Collège Privé Notre-Dame de Poissy (Académie de Versailles)

Aude DUBOIS, empêchée, n’a pu assurer son atelier. Elle a tenu à nous envoyer le contenu de l’intervention qu’elle avait préparée. Nous l’en remercions vivement.

INTRODUCTION 

Pour construire et développer des compétences, la première étape, indispensable, incontournable, essentielle, est l’acquisition de savoirs, de connaissances.

L’enseignant peut bien proposer une palette inventive, créative et variée de dispositifs pour mettre les élèves en activité, n’en demeure pas moins que fixer les connaissances constitue bien le premier palier de la construction des apprentissages.

Or, comme il parait ingrat ce processus, perçu comme rébarbatif, comme un rabâchage mécanique ! Et injuste aussi, d’abord dans l’autonomie de l’apprenant qu’il exige : apprendre doit s’apprendre. Injuste aussi parce que source d’inégalité : chaque élève ne dispose pas à tout moment d’une personne bienveillante et disponible pour le faire réciter, vérifier que tout est retenu ou identifier ce qu’il faut revoir.

« Apprendre sa leçon » semble d’autant plus contrariant que souvent, malgré les efforts fournis pour connaitre le cours le jour de l’évaluation, on constate qu’il ne reste presque plus rien de tout ce temps et de toute cette énergie dépensés, seulement quelques semaines après !

Heureusement, les sciences cognitives (neurosciences appliquées à l’enseignement, psychologie cognitive…) apportent de précieux renseignements aux enseignants pour développer une stratégie qui se révèle extrêmement efficace. Je vous renvoie au site sciencescognitives.fr, passionnant et même indispensable.

MISE EN OEUVRE 

Pour parvenir à mon objectif, il s’agissait pour moi de remplacer chaque point que je considérais comme négatif ou inefficace par une meilleure solution.

D’abord, renoncer à une leçon trop rédigée, car elle ne met pas assez en exergue les éléments essentiels à retenir. J’ai donc choisi la forme de la fiche de mémorisation active, dont le format question-réponse met en évidence l’essentiel.

Ensuite, en finir avec le rabâchage mécanique passif et rendre inutile la présence d’une autre personne pour faire réciter. Avec la fiche de mémorisation active, chaque apprenant devient absolument autonome et actif, à la fois pour mémoriser et pour vérifier qu’il a tout retenu : la fiche est construite en deux colonnes, une pour les questions et l’autre pour les réponses. Il reste simplement à plier la feuille le long de la ligne de séparation des colonnes. Ainsi, l’élève accède d’abord à la question, qu’il se pose pour chercher, de manière active et volontaire, la réponse, et ne retourne la feuille que lorsqu’il est prêt pour vérifier la réponse exacte et renforcer la fixation de la connaissance à retenir.

Par ailleurs, ici, l’activité mentale travaillée est la connaissance. Il faut par conséquent que l’outil d’évaluation questionne ce point, les savoirs. Puisque je veux savoir si l’élève sait, je vais donc au plus simple pour une évaluation cohérente : QCM ou questions brèves, qui interrogent seulement les connaissances travaillées. 

Un élément essentiel reste aussi de s’appuyer sur la répétition dans le temps pour consolider la mémoire : les sciences cognitives préconisent l’apprentissage expansé, avec reprises des connaissances régulièrement, en augmentant peu à peu les écarts entre les révisions. C’est donc ce que je fais avec des révisions en classe aussi souvent que possible et avec des évaluations qui reprennent toutes les fiches de l’année à chaque rentrée scolaire.

On comprend bien combien, rien qu’avec ces éléments de base, la mémorisation est optimisée par rapport à la méthode rédigée traditionnelle. 

Mais on peut encore améliorer, de manière spectaculairement efficace, ce fonctionnement de départ.

Voici le plus intéressant : faire de la fiche de mémorisation active, en plus d’un outil très fonctionnel de mémorisation de la leçon, un outil redoutablement efficace de développement des compétences !

On peut ainsi ne proposer que les seules questions : charge alors aux élèves une fois la leçon étudiée, d’en rédiger les réponses. 

Ou inversement, on propose un travail d’écriture en ne donnant que les réponses, les questions devant être formulées par les lèves, ce qui se révèle très difficile.

Enfin, on peut faire construire entièrement aux élèves leurs fiches de mémorisation active, à partir d’une fiche-type entièrement vide ! 

Pour approfondir les options possibles offertes par ces possibilités, je vous renvoie à l’article sur le sujet sur mon site « Les joies de l’erreur », qui en développe les nombreux avantages.

CONCLUSION 

L’intérêt de la fiche de mémorisation active est donc double : que l’élève soit plus autonome avec un outil efficace d’apprentissage durable ; mais surtout qu’il apprenne à construire lui-même cet outil efficace, afin de pouvoir ensuite l’utiliser pour synthétiser tous les savoirs qu’ils souhaite mémoriser facilement et durablement, quel que soit le contexte, en toute autonomie.

On peut renforcer ce système grâce à un outil numérique, le logiciel Anki, qui permet la création de flashcards : la question apparait d’abord pour que l’élève s’interroge, puis il retourne la carte pour vérifier la réponse et évaluer le degré de difficulté, pour lui, de cette question. L’intérêt d’Anki est de calculer le temps mis pour répondre par l’élève, associé au degré de difficulté autoévalué, afin de proposer plus fréquemment les questions qui posent, individuellement, le plus de difficultés. On peut aussi l’utiliser sur grand écran en classe pour réviser ensemble.

On voit à quel point un tel outil, conseillé dans certaines prépas (c’est d’ailleurs un ancien élève, alors en prépa, qui m’en a parlé !), peut se révéler constructif et efficace pour consolider la mémorisation !

La fiche de mémorisation active, c’est l’outil idéal pour accéder à l’autonomie dans les apprentissages ! Ne vous en privez pas. 

Mais attention, l’essayer, c’est l’adopter !

SITOGRAPHIE :

Pour retrouver cet article, tous les documents qui y sont liés, et pour découvrir d’autres projets, venez visiter mon blog :

https://audedubois.wordpress.com

Pour accéder aux recherches sur les sciences cognitives évoquées dans cet article (ou même pour consulter tout le site, ce qui est encore mieux !) :

https://sciences-cognitives.fr/consolidation-mnesique-apprendre-reussir-a-long-terme/

Me retrouver :
Twitter : @AudeDubois78
Site : https://audedubois.wordpress.com
Mail : duboisaude@yahoo.fr

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