Enseigner l’espagnol dans le supérieur ou comment s’inspirer des pédagogies du secondaire

Marie Chatelain

PRAG espagnol aux écoles de St Cyr-Coëtquidan (Académie de Rennes, détachée) depuis 2017

PRAG d’espagnol aux Ecoles de St Cyr-Coëtquidan (Ecoles visant à former les futurs officiers de l’Armée de Terre) depuis 2017, le défi de proposer une formation de qualité aux élèves militaires de St Cyr est double : s’adapter aux contraintes particulières de leur formation et réussir à maintenir éveillés leur motivation et leur intérêt à travailler.

L’une des contraintes principales réside dans le fait que la planification des cours est irrégulière et qu’il est impossible de s’appuyer sur un travail personnel, un temps hors-classe, puisque la formation militaire des élèves est lourde et leur demande d’y consacrer une grande partie de leur temps libre.

Nous avons donc cherché, avec ma collègue d’espagnol, une manière de tirer profit au maximum des temps de cours. Nous appuyant sur une expérience de classe accompagnée en collège et nous inspirant de collègues (Alan Coughlin, Jean-Charles Cailliez), nous avons donc proposé à nos élèves une séquence se basant sur l’entraide et l’autonomie, montrant ainsi qu’il est possible d’utiliser des pédagogies actives et innovantes dans le supérieur, quel que soit le contexte.

MISE EN OEUVRE

La première séquence de l’année s’appuyait sur un ensemble d’ateliers que les élèves pouvaient réaliser suivant l’ordre de leur choix. Les ateliers mêlaient compétences linguistiques (traduction), compréhensions écrite et orale, présentation orale (exposé), rédaction (analyse de film). Le travail s’est effectué en groupes de 4 voire 5 et les élèves avaient une échéance pour mener à bien les projets. Certains groupes ont opté pour travailler ensemble mais la plupart des groupes a préféré se répartir le travail, ce que nous avons pu regretter. L’ensemble de la séquence était en ligne, ce qui permettait aux élèves d’y accéder depuis n’importe quel endroit, s’ils le souhaitaient (lien Genial.ly via Moodle). A chaque cours, nous étions deux enseignantes et nous avions à notre disposition deux salles de cours ainsi qu’une salle informatique (avec une quinzaine d’ordinateurs) : ayant le WIFI dans toutes les salles, et les élèves ayant pour beaucoup leur propre ordinateur, ils pouvaient aller d’une salle à l’autre, gérant le temps de classe comme ils le souhaitaient (pause, lieu de travail, choix du travail etc.). Ma collègue et moi nous rendant disponibles et passant d’une salle à l’autre pour aller superviser le travail.

La séquence s’est révélée lourde en travail et longue, ce que les élèves ont regretté. Néanmoins, ils ont tous réalisé le travail dans le temps donné, nous rendant les projets en respectant le calendrier. L’exposé oral fut le moment d’un échange avec les élèves, chaque groupe étant binômé avec un autre, il y avait systématiquement un groupe « expert » dans l’auditoire, ce qui a amené à des interactions nourries que nous avions encouragées.

CONCLUSION

Les élèves se sont montrés enthousiastes vis-à-vis de cette méthode plus originale que ce à quoi ils étaient habitués. Néanmoins, ils n’ont pas eu le sentiment de véritablement progresser au niveau linguistique. Certains ont d’ailleurs fait la demande d’un retour à des cours de type « prépa ». Tous ont apprécié la liberté permise et ont affirmé avoir dû travailler plus pour rendre les projets de groupe dans le temps imparti.

L’accès aux documents en ligne (via Genial.ly) leur a permis une plus grande autonomie, libérant le professeur qui pouvait prendre plus de temps par élève pour l’accompagner au mieux dans sa progression.

Pour la suite de l’année, nous avons pris en compte leur desiderata, tendant de plus en plus vers une formule « à la carte » : chaque début d’heure est proposé un cours de grammaire d’environ 20 à 30 minutes et assistent à ce cours les élèves qui le souhaitent pendant que les autres avancent à leur rythme dans la séquence.

Il a ensuite été proposé une séquence plus « classique » avec cours magistral et TD, lors desquels ils pouvaient choisir de travailler plus un sujet qu’un autre et la manière de le faire (individuellement ou en groupe, oral ou écrit).

Nos élèves étant énormément sollicités en-dehors des cours par leur formation militaire, et perdant en énergie et motivation au fur et à mesure de l’année, il nous apparait primordial de varier un maximum les activités proposées tout en maintenant une exigence accrue quant à l’enseignement dispensé.

BIBLIOGRAPHIE / SITOGRAPHIE

Cailliez, Jean-Charles, La classe renversée, Ellipses, 2017

Coughlin Alan, Letlearn.euLebrun, Marcel, Lecocq Julie, Classes inversées, Réseau Canopé, 2015

Me retrouver :

Twitter : @marie_espagnol
Site : encasaconmiprofe.overblog.com
Mail : marie.chatelain@st-cyr.terre-net.defense.gouv.fr

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Pour toute question, précisions, commentaire.. n’hésitez pas à nous contacter : contact@inversonslaclasse.fr

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