Les classes inversées ont leurs Cahiers Pédagogiques

Attendu avec impatience, le numéro des Cahiers Pédagogiques consacré aux classes inversées est enfin dans les kiosques. Au programme, Une trentaine d’articles pour réfléchir sur le concept, découvrir des exemples de pratiques et contribuer à la formation des enseignants. Bref, un outil indispensable qui risque de devenir rapidement une référence.

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Vous pouvez vous procurer votre numéro et vous abonner aux Cahier Pédagogiques ici 

Certains articles sont d’ores et déjà en ligne :

Retrouvez également ci-dessous l’éditorial de Françoise COLSAËT, directrice de publication des Cahiers Pédagogiques, et Héloïse DUFOUR, Président de Inversons la Classe ! :

« On ne cesse de criailler à nos oreilles, comme qui verserait dans un entonnoir, et notre charge ce n’est que redire ce qu’on nous a dit. Je voudrais qu’il corrigeât cette partie, et que, de belle arrivée, selon la portée de l’âme qu’il a en main, il commençât à la mettre sur la montre, lui faisant gouter les choses, les choisir et discerner d’elle-même ; quelquefois lui ouvrant chemin, quelquefois le lui laissant ouvrir. Je ne veux pas qu’il invente et parle seul, je veux qu’il écoute son disciple parler à son tour. »

Montaigne, « Sur l’éducation des enfants », Les essais, Livre I, chap. 26, 1580

Un dossier sur la classe inversée ? Non, ce dont parlent les pages qui suivent, ce sont de pratiques inversées, au pluriel, de la diversité des approches de la classe inversée, même si toutes montrent au
moins un point commun : le déclic qu’elle amène, la réponse qu’elle propose à des questions pédagogiques.
La classe inversée, pour ceux qui la pratiquent et qui témoignent ici, n’est pas une doctrine pédagogique, c’est une idée de base, à partir de laquelle ils pensent leur pratique pédagogique : questionnements, évolutions successives sont présents. Les classes inversées se construisant sur le terrain, le dossier fait une large place à des textes
venus d’enseignants qui mettent en pratique leur idée de la classe inversée.
À partir de toutes ces pratiques, y a-t-il une théorie ? Non, pas encore du moins. Mais la deuxième partie du dossier essaie de prendre un peu de recul. Des enseignants et des chercheurs qui ont observé des praticiens nous aident à repérer des types de pratiques inversées, à interroger le terme même de classe inversée, à réfléchir à un point central des pratiques inversées : la conception des ressources mises à disposition des élèves.

La classe inversée suscite souvent des interrogations : peut-elle réduire les inégalités sociales et culturelles, alors qu’elle laisse les élèves seuls face à un travail hors la classe qui ne semble pas plus facile que les devoirs à la maison ? Les auteurs, qui exercent souvent dans des contextes scolaires difficiles, disent que la classe inversée permet au travail dans la classe de devenir plus efficace. Il n’y a pas encore assez de publications approfondies sur ces sujets en France
et dans le secondaire, mais la troisième partie, pose au moins des jalons sur ces questions. 

La dernière partie du dossier revient sur un aspect qui nous semble important : dans un corps enseignant qui oscille entre repli sur des pratiques classiques rassurantes et demande de propositions pédagogiques nouvelles, le mouvement autour de la classe inversée peut-il relancer une dynamique ? Les enseignants disent y trouver une clé qui ouvre une réflexion pédagogique nouvelle. Mais cela ne se fait pas sans bousculer les habitudes. Ils mettent en évidence aussi une nouvelle façon de se former, de partager, d’échanger grâce aux réseaux. Cette possibilité de renouveau, absolument pas exclusive d’autres pistes pédagogiques, nous semble une fenêtre intéressante pour faire bouger le système.
Sur cette pratique, inventée ou, du moins, nommée il y a moins de dix ans, les Cahiers pédagogiques avaient publié quelques articles (voir la bibliographie). De nombreux sites proposent des témoignages de ceux qui l’utilisent, et permettent des échanges. Notre dossier a voulu privilégier une approche ni pour, ni contre, seulement essayer de comprendre les raisons de l’enthousiasme, de poser les questions, d’apporter des éléments de réflexion pour que chacun se fasse son idée. Il faudra prolonger la réflexion, et faire place alors à d’autres thèmes que nous n’avons pas inclus ici : l’évaluation, le travail collaboratif, les outils numériques (pour lesquels les liens de la bibliographie offrent des pistes), par exemple. Les classes inversées n’ont pas fini de nous faire réfléchir.

Les classes inversées ont leurs Cahiers Pédagogiques

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