Contributions des classes inversées à l’émergence d’une société apprenante

Catherine Becchetti-Bizot, Guillaume Houzel et François Taddei ont remis leur rapport sur la recherche et développement de l’éducation tout au long de la vie à Najat Vallaud-Belkacem le 5 avril 2017. Intitulé “Vers une société apprenante”, ce document fait écho à de nombreuses initiatives portées par les praticiens de la classe inversée, mais aussi par l’association Inversons La Classe!

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Bien que le terme de “classe inversée” n’apparaisse pas directement dans le rapport, ses préconisations s’inscrivent dans la dynamique portée par l’association Inversons la Classe ! depuis plusieurs années.

Ainsi, lorsque les auteurs signalent que “certaines formations, séminaires académiques ou nationaux, universités d’été ou d’automne constituent des moments clés, dont les enseignants sont friands, pendant lesquels praticiens et chercheurs confrontent leurs idées et inventent de futurs possibles” (p. 20), il est difficile de ne pas penser au congrès francophone sur la classe inversée (CLIC) qui rassemble chaque années plusieurs centaines d’enseignants, mais aussi cadres de l’Education nationale, chercheurs et même industriels.

Par ailleurs, Inversons la Classe ! s’inscrit totalement dans la première proposition du rapport visant à “intensifier la recherche pour faire progresser l’éducation” puisque figure dans ses initiatives stratégiques un axe de développement visant à “favoriser la constitution d’un corpus d’études objectives sur l’impact de la classe inversée et disséminer les pratiques expérimentales existantes”.

Il en est de même lorsque le rapport appelle à un “développement professionnel au coeur d’un changement de culture” (p. 29), et notamment en favorisant “la coopération et le compagnonnage entre pairs” (p. 31), qui sont les principes à l’origine des “classes ouvertes” organisées durant les semaines de la classe inversée (CLISE) en France et dans le monde.

Le rapport s’attarde également sur la nécessité de développer un “écosystème numérique pour apprendre, progresser et partager” (p. 41)  en favorisant “la mutualisation et la mise en réseau des productions” (p.44) tout en ayant conscience des enjeux, des potentiels, mais aussi des risques du numérique. C’est dans cette perspective quInversons la Classe ! développe depuis plusieurs mois une plateforme pour la classe inversée (CLIP) qui permettra non seulement d’héberger des capsules vidéos produites par des enseignants et leurs élèves, mais aussi de créer des quiz et d’échanger entre utilisateurs.

Enfin, comment ne pas voir une référence explicite à la démarche des classes inversées lorsque les auteurs prônent l’émergence de “villes apprenantes” (p. 54) afin de réfléchir, entre autres, les articulations entre “le présentiel et le numérique” qui est au coeur de la réflexion pédagogique des inverseurs.

Vers une société apprenante” est donc un rapport important, non seulement car il prend acte des évolutions et adaptations de l’éducation et de la formation dans le nouveau contexte culturel et technologique du XXIe siècle, mais aussi parce que ses auteurs proposent des pistes intéressantes à destination des professeurs, des chercheurs, des cadres, des parents, des industriels et des gouvernements afin d’orienter notre éducation vers un système plus efficace, mais aussi plus juste et bienveillant. Il devrait être complété prochainement par la publication du rapport de Catherine Becchetti-Bizot sur les “pratiques mobilisant des pédagogies actives liées à l’utilisation des outils et ressources numériques”.

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